• "Le travail de MARCHAL donne une impression de puissance, de force barbare, d’âpreté masculine… Il envisage la réalisation d’une œuvre à l’instar d’un corps à corps qui prend des allures de lutte entre le sculpteur et la matière."
    Bernard Teulon-Noailles, critique d’art. 

    On peut voir jusqu'au 22 octobre dans le cadre de la 16 ième édition du Parcours de l'art ( galerie associative d'art contemporain) les étonnantes sculptures de Serge Marchal.  

    Serge Marchal c'est d'abord une relation avec le fer. Fusionnelle, acharnée, de cette rencontre avec le fer né une énergie, un mouvement et une délicatesse qui peuvent surprendre mais qui envoutent au premier regard. Sous ses doigts la matière devient docile et amante, pour se discipliner à ses envies. Ses sculptures sont dans le "sentir".

    A la question "pourquoi le fer"? Marchal répond : "parce qu'il est noir". Il ne faut pas chercher plus loin et laisser "le fer" nous envahir....

     

    Pour en savoir plus sur Serge Marchal : site de la BU d'Avignon.

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    "Quand les termites auront dévoré les musées. Quand mes oeuvres seront réduites en poussière. Si quelque fragment doit survivre, être retrouvé, qu'il soit, j'en prie les cieux, une papaye ouverte ou la rondeur d'un ventre et surtout qu'ils gardent un peu de la chaleur (après si longtemps) de ce feu qui me brûle."

    Citation de Miquel Barcelo in Carnets de Ségou, 1994.

    Voila un artiste que j'ai découvert récemment lors de son expo "Terramare" aux journées du patrimoine à Avignon. 

     Miquel Bracelo partage sa vie entre Paris, Majorque (son île natale) et le Mali et il poursuit ses expérimentations autour des matériaux et de la temporalité selon les sites où il travaille: vif et rapide à Paris, ancestral en Afrique et immémorial quand il décide de s'associer à des préhistoriens dans les grottes de Chauvet, la "chapelle Sixtine de l'art pariétal" ou au chorégraphe Joseph Nadj pour créer "Paso doble" l'évènement du festival en 2006. 

    Souvent considéré comme appartenant au mouvement néo-expressionniste, le style de Miquel Barceló est à la fois associé au modernisme et au post-modernisme. Au Musée d'Art Contemporain de Madrid, les toiles de Pollock, De Kooning, Ryman et Cy Twombly l'attirent particulièrement. Il expérimente l'utilisation de grandes quantités de peinture sur des toiles, qu'il expose ensuite aux intempéries, afin que se produisent tout type de réactions spontanées-oxydations-craquelures qui mettent à nu les couches inférieures. Barcelo ne peint pas pour plaire aux autres mais pour s’exprimer, il englue son pinceau, empile les couches de pigments, puis gratte, griffe, racle la matière. Parfois il accroche ses tableaux au plafond, laissant la peinture libre d'inventer, en dégoulinant, formes et reliefs. Il combine et explore tous les matériaux méprisés auparavant, tous déchets minéraux ou animaux, restes d’insectes ou cadavres qu’il ranime en funèbres concerts. Il se livre aussi à des expériences plastiques les plus originales sur les couleurs, les matières comme ci dessous sur la série des termites. Pour cela il place ses toiles sous terre et laisse les termites faire leurs oeuvres pour ensuite poser son aquarelle délicatement et le résultat est absolument surprenant. 

    Mais Barcelo ce n’est pas que de la peinture, ce touche à tout provocateur est tour à tour sculpteur, céramiste, potier et comme dans ses toiles il va à l’extrême, malmenant les matériaux pour les modeler au bout de leurs possibilités en les laissant trop cuire, en les tordant, cassant ou en les laissant aux intempéries de la vie et de son expression. 

    Si la Collection Lambert propose une métaphore de l’antique « Mare Nostrum », ce monde réuni par la mer Méditerranée, c’est la « Terra Nostra » qui sera représentée à la chapelle du Palais des Papes, avec des bronzes en extérieur, éléphant géant en équilibre sur sa trompe sur le parvis du palais ou parterre de sculptures dans une cour intérieure, et des céramiques, des plâtres, des installations en terre cuite dans la Grande Chapelle du Palais.

    J’adore l’audace et la gourmandise de cet homme. Autant dire que le masque représentant une tête de poisson en terre cuite qu’il a osé fixer sur la tête du moulage d’Innocent VI au palais des papes a fait son effet et soulever autant de tollés que de cris admiratifs (cf l’affiche de l’expo). On ne peut rester indifférent devant son oeuvre mais rarement un artiste ne m’a troublé autant.

     Pour en savoir plus sur l’expo: http://www.avignon-barcelo.com/projetfr.htm

    Pour en savoir plus sur Barcelo:  http://fr.wikipedia.org/wiki/Miquel_Barceló

     

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    La grotte. 

     

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    Aubergine

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    Topografia3 - Série sur les termites.

     

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    Série consacrée aux albinos, si mal vus dans la société africaine. Son aspect fantomatique est dû à une technique que le peintre a récemment mise au point. "Je me suis souvenu d'un hippie qui, à Majorque, vendait des tee-shirts délavés, et j'ai appliqué de l'eau de Javel sur du papier noir."  

    "Ces portraits, je les ai travaillés avec de l’eau de Javel, cela enlève de la matière, seulement un petit peu. Sur ces tableaux, j’en ai rajouté et en regardant de près je me dis, c’est l’Himalaya ou c’est le Sahara. Les formes surgissent de manière aléatoire. Ma peinture est toujours une expérimentation. Je me donne la possibilité de rater. Soit je détruis, soit j’efface et je recommence, soit je plie, soit je brûle. Récemment, j’ai fumé des tableaux dans un four à céramique, comme des saumons. Parfois, je laisse glisser la peinture sur la toile en l’inclinant d’un côté ou de l’autre. Quand je la redresse, il y a des formes qui avancent horizontalement comme des vagues, qui se lisent comme l’écriture, de gauche à droite ou de droite à gauche. Il y a des choses cachées dans la peinture. Elles sont là, il suffit de les découvrir. Michel-Ange disait que la forme était à l’intérieur de ses blocs de marbre et qu’il suffisait de la faire apparaître à coups de ciseau. Dans la peinture, dans la matière, il y a toutes les formes. J’aime qu’elles soient là avant d’être nommées. Que des tomates apparaissent avant d’être nommées tomates."

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    Série sur la vie et la fuite du temps.

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    "J'ai un rapport charnel à la peinture."

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    Les animaux : "J’aime peindre et sculpter les animaux. Dans mon œuvre, l’homme n’a pas la place qu’il avait à la Renaissance. En art, les animaux sont souvent des figures sacrificielles, tout en bas de l’échelle. Par exemple, dans les tableaux de Véronèse, il y a les nobles qui mangent, les grandes dames, les servantes qui sont quand même bien habillées, les invités, les poètes et les musiciens, ensuite les nains, les Noirs et les animaux. Je les ai montés en grade. J’ai grandi à la campagne. Je vis encore avec des animaux. Je sais m’en occuper. J’ai une ferme à Majorque, des races autochtones, des moutons, des chèvres, des cochons, des pigeons, des dindons, des oies, deux ou trois chiens, quelques centaines de bêtes que je reconnais toutes. Mes parents étaient paysans. J’avais un oncle républicain très pauvre qui vivait caché et qui élevait quelques chèvres pour vendre leur lait. Il était presque muet. Dans le village, il y avait des crottes de chèvres. Je les suivais pour aller chez lui. J’adorais boire le lait chaud. Quand je raconte ça, on dirait que je suis né au XVIIIe siècle. J’ai des amis en Appenzell où ce rapport à la nature est encore vivant, l’alpage, les concours de beauté de vaches, c’est virgilien."

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    La chèvre façon Giacometti.

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    La mer et ses reflets.

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    L'écume du temps.

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    La pieuvre: Barcelo étant ambidextre, s'est servi de ses deux mains, et toujours sa recherche de peinture qui coule (non ce n'est pas un pliage).

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    Toujours dans la recherche ce tableau noir est du au fait qu'il l'a laissé très près d'une source de chaleur et il a travaillé "la brulure".

     

    "Je peins avec toutes sortes d’outils que je fabrique souvent moi-même ou que j’emprunte à la peinture en bâtiment, des pinceaux, de grosses brosses, des grattoirs comme ce grattoir à clous qui permet de travailler la terre glaise pour faire des lignes ou de labourer la surface peinte des tableaux. J’utilise souvent des balais de chiottes, cela enlève ce qui n’est pas bon, ça peint et ça dépeint. Comme l’eau de Javel dont je me sers, qui peut peindre et dépeindre elle aussi. Ces grosses brosses en soie, c’est pour balayer la surface. Et j’utilise une vraie panoplie artisanale pour les sculptures. Ceci, c’est un outil de tailleur de pierres que je vais utiliser pour un grand ours en plâtre. Cela, c’est un outil de tonnelier. En voilà un autre pour tailler les coques de bateaux. J’ai du matériel de cordonnier, un marteau de cheminot qui sert à fixer les traverses, un marteau de forgeron et même des instruments de sculpteur européens ou africains. L’usage de chaque outil est indiqué dans sa forme. Cette courbe, c’est celle du tonneau, celle-là de la coque des bateaux. Je me retrouve avec les instruments de dix métiers différents. Même s’il peut se servir des nouvelles technologies, notamment des ordinateurs, le peintre a hérité de tous ces outils de métiers disparus et il est le dernier à s’en servir."

     

     

    Barcelo au milieu de ses oeuvres dans la grande chapelle du palais de papes: video ARTE

     

    Extrait de Paso doble, performance éffectuée avec le chorégraphe Josef Nadj. 


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    Cy Twombly et le baiser qui tue.


    Cy Twombly est un de mes peintres préférés. Il est Americain, encore vivant, et d'une originalité surprenante. Il mélange le graphisme, les collages, l'écriture et par de grandes volutes inonde sa toile d'ingeniosité. Ce que j'aime chez lui c'est la musicalité de sa peinture, l'éclosion des couleurs comme si elles jaillissaient sur la toile.

    Cy Twombly et le baiser qui tue.

     

    J'ai eu l'occasion de voir son expo  "A scattering of blossoms and other things" en 2007 a Avignon et j'en garde un souvenir absolument merveilleux. J'ai eu la chance de passer avant que Rindy Sam ne ressente sa furieuse envie d'embrasser la grande toile blanche "Phaedrus" qui est une des onze pièces du tryptique consacré au "Phèdre de Platon". Ce baiser gras et rouge a d'ailleurs mit la cité des Papes en émotion et offusqué au plus haut point Cy Twombly qui a crié au viol et au saccage, faisant fermer sur le champ l'expo.

     

    Cy Twombly " A Scattering of Blossoms and other Things"

    Twombly c'est tout un ensemble de couleur, du vert, rose et blanc puis des tons vifs et éclatants : pourpre, jaune, orangé, rouge. Des pétales rouges qui entraînent souvent dans leur sillage de longues lignes fragiles, semblables à des trainées de sang. Des mots, à l’écriture malhabile, tremblante, sont griffonnés : des dates, des lieux (Gaeta), des haikus célébrant les pivoines, fleurs de prédilection des moines jardiniers des temples zen,ou la phrase du poète japonais Kikaku : « Ah ! les pivoines pour lesquelles Kusinoshi retira son armure ». C'est une évocation de la beauté de la nature désarmante.

    Cy Twombly " A Scattering of Blossoms and other Things"

     

     



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  • Melain Nzindou ou l'art de la recup.


    Melain Nzindou est un artiste Congolais que je viens de découvrir. Je suis tombée littéralement sous la charme...J'avoue que ses peintures sont un peu trop colorées pour moi, je préfère les tons ocres mais là par contre dans son art de récupérations c'est tout ce que j'aime. L'originalité du travail sur bois, les tons chauds de l'Afrique, les personnages troublants tout y est (on peut voir ses tableaux sur sont site a "recups")..

    Melain Nzindou ou l'art de la recup.

    Il n'a jamais suivit les beaux arts faute de moyen mais a force de rencontre et de tenacité il a developper son talent. Sa manière de lutter contre le gaspillage est de créer à partir d'objets recyclés. Pour cet artiste peintre, plus question de jeter du bois à la poubelle, il faut dire qu'il arrive à redonner vie à des objets oubliés, et le plus souvent voués à la destruction.
    Au fur et à mesure il développe cette technique d'assemblage de matériaux, bois, carton, tissus, canette de bière écrasée, et peint un tableau, une scène de vie africaine, sortie tout droit de l'imaginaire de son pays natal.

    Melain Nzindou ou l'art de la recup.

    Site de Melain Nzindou

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  • Ziad Dalloul de la peinture à la gravure.


    Né à Suwaida en 1953, Ziad Dalloul est une des figure les plus brillante parmi les artistes syriens qui pratiquent leur art à l'étranger.

    Ziad Dalloul a été formé à la Faculté des Beaux-Arts à Damas, où il a reçut l'enseignement de Ghayyath al-Akhras, le fondateur de la section de la gravure dans cet établissement. Comme d'autres artistes arabes ou syriens Dalloul a été attiré par Paris. Il s'y installe à partir de 1984 et il y prépare le diplôme de l'Ecole Nationale des Arts-Décoratifs de Paris et obtient le DEA en Arts-Plastiques à Paris VIII. Il fonde la galerie d'art, " La Teinturerie ", au cœur de l'île St Louis.

    Ziad Dalloul de la peinture à la gravure.

    Graveur, peintre et galeriste, Dalloul rencontre le succès grâce à son style remarquable qui mélange les deux techniques à la fois, gravure et peinture, et qui puise dans les deux mondes, oriental et occidental.

    " Ziad Dalloul est peintre même quand il dessine, même quand il produit à partir d'une matrice des images multiples que l'on appelle usuellement des gravures mais qui sont chez lui une autre manière de faire voir et sentir la vérité de la peinture. La peinture de cet artiste est une peinture de transformation, une peinture du passage, de la métamorphose. On comprend alors qu'il peut exceller dans la réunion des deux savoirs tant sur le plan technique que sur celui de l'esthétique... Dalloul possède aujourd'hui cette double appartenance culturelle, orientale et occidentale, dont il profite au mieux pour constituer pour nous des " pièges à regards ".

    Ziad Dalloul de la peinture à la gravure.

    Dire que ses tableaux sont pure merveille est un doux euphémisme mais j'adore ses ocres, ses sépias qui rappellent vraiment les terres Syrienne et en ce moment j'ai un gros coup de coeur pour l'art Syrien.

    tableaux a voir ici

    ou ici.



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